- L’index glycémique (IG) évalue la capacité d’un aliment à libérer du glucose après sa digestion.
- Plus l’index glycémique d’un aliment est élevé, plus celui-ci entraîne une hausse rapide du taux de sucre dans le sang
- A l’inverse, un aliment ayant un index glycémique bas ou faible, ne fera pas ou peu augmenter la glycémie.
- Plus on consomme des aliments à IG élevé, plus on va stocker du glucose et potentiellement prendre du poids.
- La charge glycémique évalue la capacité d’une portion courante d’un aliment à élever le taux de sucre sanguin. Elle tient compte de l’effet « antiglycémiant » des fibres alimentaires de cet aliment.
- La cuisson, la maturité d’un fruit ou son association avec d’autres aliments peuvent faire varier l’index glycémique d’un même aliment.

A quoi sert l’index glycémique (IG) ?
L’index glycémique permet de classer les aliments en fonction de l’élévation du taux de sucre dans le sang qu’ils produisent quand on les consomme. Plus l’index glycémique d’un aliment est élevé, plus celui-ci entraîne une hausse rapide du taux de sucre dans le sang. Plus ce dernier est élevé, plus l’insuline sera sécrétée et plus le glucose sera stocké dans nos cellules.Comment mesure-t-on l’index glycémique d’un aliment ?
La méthode originale, mise au point en 1981, consiste à faire consommer à un groupe de volontaires une portion de l’aliment testé contenant 50 g de glucides digestibles, puis à mesurer l’évolution de leur glycémie toutes les 15 à 30 minutes pendant 2 heures. La courbe obtenue est comparée à celle produite par 50 g de glucose pur, pris comme référence à 100 (1). Cette méthode explique pourquoi les IG publiés dans les tableaux sont des moyennes obtenues sur plusieurs sujets, et non des valeurs fixes et universelles. On considère un index glycémique :- Bas, lorsqu’il est ≤ 55
- Moyen, lorsqu’il est compris entre 56 et 69
- Elevé, lorsqu’il est ≥ 70
Quels facteurs font varier l’index glycémique d’un aliment ?
L’index glycémique d’un même aliment n’est pas gravé dans le marbre : il peut varier sensiblement selon la façon dont l’aliment est préparé et consommé (2).- La cuisson : plus un féculent est cuit longtemps, plus son amidon devient facile à digérer, donc plus son IG augmente. Une pomme de terre vapeur a un IG plus bas que la même pomme de terre réduite en purée ou frite. À l’inverse, refroidir des pâtes ou du riz cuits « al dente » puis les réchauffer réduit leur IG grâce à un phénomène appelé rétrogradation de l’amidon — une astuce que je détaille dans mon article sur les alternatives aux pâtes classiques.
- La maturité : une banane verte a un IG nettement plus bas qu’une banane bien mûre, ses amidons se transformant progressivement en sucres simples plus faciles à absorber.
- L’association alimentaire : associer un aliment à IG élevé avec des fibres, des protéines ou de bonnes graisses ralentit la digestion et lisse la montée de la glycémie qui en résulte.
- Le degré de transformation : une farine raffinée (pain blanc, riz blanc) a un IG plus élevé que l’aliment complet dont elle est issue, dont les fibres ont justement un effet « antiglycémiant ».
Tableau des index glycémiques de quelques aliments courants
| Aliment | IG indicatif | Catégorie |
|---|---|---|
| Carotte crue | 16 | Bas |
| Pois chiches cuits | 28 | Bas |
| Lentilles cuites | 29 | Bas |
| Pomme | 36 | Bas |
| Poire | 38 | Bas |
| Pâtes « al dente » | 45 | Bas |
| Riz basmati cuit | 57 | Moyen |
| Miel | 61 | Moyen |
| Banane bien mûre | 62 | Moyen |
| Pain complet | 65 | Moyen |
| Riz blanc cuit | 73 | Élevé |
| Baguette blanche | 75 | Élevé |
| Corn flakes | 81 | Élevé |
| Pomme de terre au four | 95 | Élevé |
| Dattes séchées | 103 | Élevé |
La charge glycémique (CG), qu’est-ce que c’est ?
La charge glycémique évalue la capacité d’une portion courante d’un aliment à élever le taux de sucre sanguin. La charge glycémique tient compte de l’effet « antiglycémiant » des fibres alimentaires et autres nutriments de cet aliment. La charge glycémique s’obtient en multipliant l’IG par la quantité de glucides d’une portion de cet aliment (c.f. lire le « food facts » des emballages), puis en divisant par 100 (2). CG = (IG) x (la quantité de glucides d’une portion de cet aliment) / 100 Une charge glycémique inférieure à 10 est considérée comme basse. Une charge glycémique supérieure à 20 est considérée comme élevée. Concrètement : la pastèque a un index glycémique très élevé (72) et une charge glycémique basse (5) pour une portion normale de 150 grammes. Cela signifie que le glucose contenu dans la pastèque, bien qu’important, est contrecarré par les fibres et autres nutriments, et qu’en conséquence, manger une portion de pastèque n’aura au final que peu d’effet sur notre glycémie. Au contraire, la charge glycémique d’un aliment raffiné, comme le riz blanc, peut dépasser 25 pour une portion de 150 grammes. Cela signifie qu’une seule portion de riz blanc (150 grammes) apporte la même charge glycémique que 5 portions de pastèque.Que retenir pour un diabétique au quotidien ?
En pratique, voici comment utiliser l’index et la charge glycémique au quotidien :- Associez systématiquement vos glucides à des fibres, des protéines ou de bonnes graisses pour lisser la montée de la glycémie — c’est aussi l’un des principes de l’ordre des aliments.
- Privilégiez une cuisson « al dente » et des aliments bruts, peu transformés, plutôt que des versions raffinées ou industrielles.
- Ne vous fiez pas qu’à l’IG seul : pensez à la portion réellement consommée, c’est-à-dire à la charge glycémique.
- Gardez sous la main un tableau de référence pour construire vos repas, en particulier pour améliorer votre alimentation et choisir le pain le plus adapté à votre glycémie.
Vous savez maintenant lire un index glycémique. Passons à la pratique.
Connaître la théorie, c’est bien. Savoir l’appliquer à chaque repas, c’est encore mieux. C’est exactement ce que je vous partage dans mon guide gratuit :
« 3 jours, 3 outils pour un déclic immédiat »
- L’ordre des aliments pour lisser vos pics de glycémie après les repas
- L’assemblage optimal de vos assiettes pour stabiliser votre HbA1c au quotidien
- Les remplacements intelligents pour garder le plaisir sans le pic
Une vraie boussole alimentaire, pour ne plus avoir à consulter un tableau à chaque repas
Vous connaissez maintenant les bases de l’index et de la charge glycémique. Dans « Manger sans hésiter », j’ai construit une fiche entièrement dédiée à ma boussole alimentaire pour vous aider à choisir vos aliments sans avoir à ressortir un tableau d’IG à chaque repas.
- Ma boussole alimentaire : la méthode que j’utilise pour choisir mes aliments au quotidien
- Décrypter les étiquettes : liste d’ingrédients, tableau nutritionnel et pièges marketing
- Les 3 mécanismes clés qui régissent réellement votre glycémie
FAQ
1. Qu’est-ce que l’index glycémique ? L’index glycémique (IG) mesure la capacité d’un aliment à faire monter la glycémie après sa digestion, sur une échelle où le glucose pur vaut 100. Plus l’IG est élevé, plus la montée de la glycémie est rapide et importante.
2. Quelle est la différence entre index glycémique et charge glycémique ? L’IG évalue la qualité de l’effet d’un aliment sur la glycémie, indépendamment de la quantité consommée. La charge glycémique (CG) tient compte, elle, de la portion réellement mangée : elle s’obtient en multipliant l’IG par la quantité de glucides de la portion, puis en divisant par 100.
3. Pourquoi l’index glycémique d’un même aliment peut-il varier ? La cuisson, la maturité (pour les fruits), le degré de transformation et l’association avec d’autres aliments (fibres, protéines, graisses) peuvent faire varier sensiblement l’IG d’un même aliment.
4. Pourquoi la pastèque a-t-elle un index glycémique élevé mais une charge glycémique basse ? La pastèque a un IG élevé (72) mais contient très peu de glucides par portion. Sa charge glycémique reste donc basse (environ 5 pour 150 g) : elle a en pratique un impact limité sur la glycémie.
5. Un diabétique doit-il se fier uniquement à l’index glycémique ? Non. L’IG est un bon point de repère, mais il doit être complété par la charge glycémique (qui tient compte de la portion) et par une vision d’ensemble du repas (association avec fibres, protéines, bonnes graisses).
6. Comment réduire l’index glycémique d’un repas ? En associant les féculents à des fibres, des protéines ou de bonnes graisses, en privilégiant une cuisson « al dente », et en choisissant des aliments bruts ou complets plutôt que raffinés.
7. Où trouver un tableau complet des index glycémiques des aliments ? Vous trouverez un tableau des aliments les plus courants plus haut dans cet article, avec leur classification bas/moyen/élevé.
8. Quels sont les seuils de l’index glycémique bas, moyen et élevé ? Selon la classification scientifique internationale de référence : IG bas ≤ 55, IG modéré entre 56 et 69, IG élevé ≥ 70.
- Manger sans hésiter : ma méthode complète pour composer chaque repas sans stress
- L’ordre des aliments : la méthode simple et prouvée pour lisser votre glycémie après les repas
- Diabète : quel est le meilleur pain ? Le guide complet pour choisir
- Diabète : comment améliorer son alimentation ?
- Diabète : 5 conseils pour mieux gérer son HbA1c
- Diabète : comment éviter les hyperglycémies au réveil
Bibliographie
- Jenkins DJ, Wolever TM, Taylor RH, et al. « Glycemic index of foods: a physiological basis for carbohydrate exchange. » Am J Clin Nutr. 1981;34(3):362-366. PMID : 6259925
- Atkinson FS, Brand-Miller JC, Foster-Powell K, Buyken AE, Goletzke J. « International tables of glycemic index and glycemic load values 2021: a systematic review. » Am J Clin Nutr. 2021;114(5):1625-1632. DOI : 10.1093/ajcn/nqab233
- American Diabetes Association. « 5. Facilitating Positive Health Behaviors and Well-being to Improve Health Outcomes: Standards of Care in Diabetes—2026. » Diabetes Care. 2026;49(Suppl. 1):S89-S131. DOI : 10.2337/dc26-S005
