Dernière mise à jour 14 août 2026 par Alberto Guardia

Le diagnostic vient d’être posé, on vous apprend que vous êtes diabétique. Très bien, mais qu’est-ce que cela signifie ? Et qu’est-ce que cela va impliquer ?
Cet article s’adresse en priorité à tous ceux et toutes celles qui viennent d’apprendre qu’ils ou qu’elles sont diabétiques et qu’ils ou qu’elles se sentent dépourvu(e)s face à cette maladie. Pour les diabétiques plus expérimentés, une petite dose de rappel est toujours bonne à prendre.
VOICI QUELQUES QUESTIONS-RÉPONSES FRÉQUENTES QUAND ON DEVIENT DIABÉTIQUE :
Est-ce qu’un diabétique peut guérir de sa maladie ?
À l’heure actuelle, on ne peut pas guérir du diabète de type 1 : aucun traitement ne permet aujourd’hui de restaurer durablement la production d’insuline. Pour le diabète de type 2, des situations de rémission plus ou moins longues sont possibles. Selon le consensus international ADA/EASD de 2021, on parle de rémission lorsque l’HbA1c redescend sous 6,5 % pendant au moins trois mois, sans aucun médicament hypoglycémiant — un objectif atteignable pour une partie des diabétiques de type 2, notamment tôt après le diagnostic et en cas de perte de poids importante, mais qui ne signifie pas une guérison définitive : un suivi médical reste nécessaire.
C’est quoi être diabétique ?
Être diabétique signifie que notre organisme n’est plus capable d’utiliser le sucre provenant des aliments et des boissons correctement. De ce fait, la quantité de sucre dans notre sang est élevée voire très élevée. On parle alors d’hyperglycémie. Ceci est dû au fait que l’insuline, l’hormone produite par le pancréas, n’est plus produite ou qu’elle est produite mais qu’elle est inefficace. L’insuline est l’hormone qui permet à notre organisme et notamment nos muscles de faire entrer le sucre dans nos cellules.
Qu’est-ce qu’un diabétique de type 1 ?
Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune caractérisée par la destruction progressive des cellules du pancréas qui produisent l’insuline, d’où l’absence totale de cette hormone. Un diabétique de type 1 doit donc impérativement s’injecter de l’insuline. Cette forme apparaît le plus souvent durant l’enfance ou chez le jeune adulte, mais elle peut aussi, plus rarement, se déclarer plus tardivement.
Qu’est-ce qu’un diabétique de type 2 ?
Le diabète de type 2 est caractérisé par une résistance de nos cellules à l’insuline suivie progressivement par un défaut de sa production. Il survient plus lentement et apparaît majoritairement après l’âge de 40 ans. Ce type de diabète est fortement lié à nos gènes et à notre mode de vie, notamment au surpoids, à l’alimentation et à la sédentarité. Il est toutefois de plus en plus souvent diagnostiqué chez des adultes plus jeunes, en lien avec la progression de l’obésité dans la population.
C’est quoi le diabète gestationnel ?
Le diabète gestationnel apparaît durant la grossesse, le plus souvent entre la 24ème et la 28ème semaine chez 2 à 4% des femmes enceintes et disparaît après l’accouchement. Toutefois, ce type de diabète représente un risque accru de développer ultérieurement un diabète de type 2.
Pourquoi un diabétique doit-il prendre en charge son diabète le plus tôt possible ?
L’excès de sucre dans le sang endommage avec le temps nos grandes et petites artères causant de graves lésions à divers organes dont notamment : le coeur, le cerveau, les yeux, les nerfs et les reins. C’est pourquoi il est important d’agir rapidement et de continuer à le faire tout au long de notre vie. Le suivi à 10 ans de l’étude UKPDS a d’ailleurs mis en évidence un « effet mémoire » (legacy effect) : un bon contrôle de la glycémie dès les premières années après le diagnostic continue de protéger le cœur et les vaisseaux des années plus tard, même si ce contrôle se relâche ensuite. Ces complications peuvent être évitées avec une bonne gestion de son taux de sucre dans le sang (la glycémie).
Est-ce qu’un diabétique peut vivre longtemps ?
Oui, on peut vivre longtemps avec un diabète. Une étude écossaise portant sur plus de 24 000 personnes a par exemple montré qu’à 20 ans, un homme diabétique de type 1 a encore une espérance de vie de plus de 46 ans (48 ans pour une femme) — soit une réduction d’environ 11 à 13 ans par rapport à la population générale, bien inférieure aux estimations plus anciennes, et cet écart se réduit encore chez les personnes dont la fonction rénale reste normale. Ce résultat dépend toutefois d’une gestion quotidienne de ses glycémies. Dans le cas contraire, l’excès de sucre va léser lentement mais surement différents organes. Pour gérer correctement ses glycémies, il faut suivre un traitement adéquat, avoir une alimentation saine et variée, pratiquer une activité physique et rester informé.
Qu’est-ce que je peux manger en étant diabétique ?
Il faut continuer d’avoir une alimentation variée et équilibrée. Toutefois, il faut réduire l’apport en sucre.
Par où commencer concrètement dans votre assiette ?
Savoir qu’il faut « réduire le sucre et manger équilibré », c’est facile à dire, plus difficile à mettre en pratique à chaque repas. C’est exactement ce que je vous montre, pas à pas, dans mon guide gratuit :
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Comment bien vivre en étant diabétique ?
Il faut bien être conscient que le diabète ne se guérit pas. De ce fait, il faut l’accepter et rapidement apprendre à vivre avec. Il est tout à fait normal de traverser, à l’annonce du diagnostic, des émotions comme le choc, la colère, la tristesse ou le déni avant d’arriver à l’acceptation — ce cheminement n’est ni linéaire, ni chronométré, et il est différent pour chacun. Si ce mal-être persiste ou s’installe dans la durée, n’hésitez pas à en parler : j’aborde ce sujet plus en détail dans Détresse liée au diabète : comprendre et agir et dans Cultiver la résilience face au diabète. Néanmoins, être diabétique n’est pas une tragédie, après une période d’adaptation et d’apprentissage, on reprend le cours normal de sa vie.
Est-ce que tout diabétique doit faire des injections d’insuline ?
Si vous êtes diabétique de type 1, oui. En effet, le diabétique de type 1 ne produit plus d’insuline, de ce fait, il est obligé de l’injecter.
Pour le diabète de type 2, les injections d’insuline ne sont pas forcément nécessaires, il peut être contrôlé en partie par des médicaments. Néanmoins, dans un certain nombre de cas, lorsque les antidiabétiques oraux et les recommandations deviennent insuffisantes, les injections d’insuline deviennent incontournables.
Diabétique depuis peu : par où commencer ?
- Apprendre à connaître son diabète, comprendre les chiffres que l’on doit suivre, comprendre le rôle de chaque prestataire de soin.
- Privilégier une alimentation saine, variée et équilibrée et surveiller la quantité de sucre que l’on consomme.
- Avoir une activité physique régulière
- Suivre les traitements tel qu’ils sont prescrits.
- Parler de son diabète à son entourage (famille, proches, milieu professionnel ou scolaire) pour se faire accompagner plutôt que de porter ce poids seul(e).
Cette liste peut sembler intimidante au début. Le plus important est de commencer, un pas après l’autre. Pour vous aider à organiser ce nouveau quotidien, retenez en particulier le point n°2 : c’est souvent celui qui pèse le plus au quotidien, et c’est aussi celui sur lequel je peux le plus vous aider.
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FAQ
1. Mes enfants risquent-ils de devenir diabétiques aussi ? Le risque existe mais reste globalement modéré. Pour le diabète de type 1, il est estimé à environ 8 % si le père est diabétique, 4 % si c’est la mère, et jusqu’à 30 % si les deux parents le sont. Pour le diabète de type 2, le risque est estimé à environ 40 % si l’un des deux parents en est atteint, le mode de vie familial jouant aussi un rôle important.
2. Dois-je annoncer mon diabète à mon employeur ou à l’école de mon enfant ? Il n’existe pas d’obligation légale de déclarer son diabète à son employeur, sauf pour certains postes soumis à des exigences médicales spécifiques. Cela reste néanmoins souvent utile pour votre sécurité, par exemple si un collègue doit savoir réagir en cas d’hypoglycémie. Pour un enfant scolarisé, la question se pose différemment : j’y consacre un article dédié, Comment gérer le diabète de son enfant à l’école ?
3. Le diabète va-t-il m’empêcher de voyager, faire du sport ou avoir des enfants ? Non, pas en soi. Un diabétique bien équilibré peut voyager, pratiquer une activité physique régulière et mener une grossesse, moyennant une préparation et un suivi adaptés. Pour la grossesse en particulier, je détaille les risques spécifiques et leur prise en charge dans Quels sont les risques lors d’une grossesse chez une femme diabétique ?
4. Combien de temps faut-il pour accepter son diagnostic et se sentir de nouveau normal ? Il n’y a pas de durée fixe : ce cheminement émotionnel n’est pas linéaire, certaines étapes se vivant en quelques jours et d’autres en plusieurs mois. Si le mal-être persiste, ce sujet est développé dans Détresse liée au diabète : comprendre et agir.
5. Quelle est la différence entre un diabétique de type 1 et un diabétique de type 2, en une phrase ? Le diabétique de type 1 ne produit plus du tout d’insuline (maladie auto-immune), tandis que le diabétique de type 2 en produit encore mais son organisme y résiste de plus en plus, jusqu’à un éventuel épuisement du pancréas.
6. Un diabétique de type 2 sous insuline devient-il un diabétique de type 1 ? Non, c’est une confusion fréquente. Le passage à l’insuline chez un diabétique de type 2 signifie seulement que son pancréas ne suffit plus à couvrir ses besoins ; le mécanisme de la maladie reste bien celui d’un diabète de type 2, pas d’un diabète de type 1.
7. Le diabète gestationnel signifie-t-il que je suis diabétique à vie ? Non, dans la grande majorité des cas, la glycémie se normalise après l’accouchement. Il faut toutefois savoir qu’il s’agit d’un signal d’alerte : le risque de développer un diabète de type 2 dans les années suivantes est plus élevé, d’où l’intérêt d’un dépistage régulier par la suite.
8. Où trouver du soutien près de chez moi en tant que nouveau diabétique ? Des associations de patients existent en Suisse (Diabètevaud, Association Suisse du Diabète) comme en France (Fédération Française des Diabétiques), avec des brochures, des groupes de parole et des permanences téléphoniques pour les personnes récemment diagnostiquées (voir la bibliographie ci-dessous pour les liens directs).
- Manger sans hésiter : ma méthode complète pour composer chaque repas sans stress
- Être diabétique, qu’est-ce que c’est ?
- Détresse liée au diabète : comprendre et agir
- Cultiver la résilience face au diabète : 5 piliers pour un mental plus fort
- Quels sont les risques lors d’une grossesse chez une femme diabétique ?
- Comment gérer le diabète de son enfant à l’école ?
Bibliographie :
- Diabètevaud (Association Vaudoise du Diabète). « Je suis diabétique. Et maintenant ? Information, conseil, soutien ». 2017. Disponible sur : diabetevaud.ch, Facebook : facebook.com/diabete.vaud
- Fédération Française des Diabétiques. « Diabète de type 2 : que faire après le diagnostic ? Les réponses à vos questions ». Avril 2023. Disponible sur : federationdesdiabetiques.org
- Riddle MC, Cefalu WT, Evans PH, et al. « Consensus Report: Definition and Interpretation of Remission in Type 2 Diabetes ». Diabetes Care. 2021;44(10):2438-2444. DOI : 10.2337/dci21-0034
- Holman RR, Paul SK, Bethel MA, Matthews DR, Neil HAW. « 10-Year Follow-up of Intensive Glucose Control in Type 2 Diabetes ». New England Journal of Medicine. 2008;359(15):1577-1589. DOI : 10.1056/NEJMoa0806470
- Livingstone SJ, Levin D, Looker HC, et al. « Estimated Life Expectancy in a Scottish Cohort With Type 1 Diabetes, 2008-2010 ». JAMA. 2015;313(1):37-44. DOI : 10.1001/jama.2014.16425
- American Diabetes Association. « 2. Diagnosis and Classification of Diabetes: Standards of Care in Diabetes—2026 ». Diabetes Care. 2026;49(Suppl. 1):S27. Disponible sur : diabetesjournals.org
- Fédération Française des Diabétiques. « Diabète et hérédité ». Disponible sur : diabete.fr
