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La pompe à insuline, qu’est-ce que c’est ?

En France, on estime à 4 millions le nombre de personnes diabétiques (400 millions dans le monde). Sur ces 4 millions de diabétiques français, 35’000 sont porteurs d’une pompe à insuline (en Suisse, environ 3’000).

Le concept 

La pompe à insuline est un petit appareil qui libère de façon constante et automatique de l’insuline. 

Une pompe à insuline se compose généralement de 3 composants :

 

  • un boîtier contenant un réservoir rempli avec de l’insuline,

 

  • des composants électroniques qui permettent de contrôler de façon exacte la quantité d’insuline administrée par la pompe,

 

  • un cathéther composé d’une fine tubulure (de 60 cm à 1m10 suivant les modèles) reliée au réservoir et se terminant par une aiguille ou une canule souple pénétrant légèrement dans la peau. 

 

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Schéma d’une pompe à insuline. source : AFD

 

La pompe à insuline tente d’imiter le fonctionnement d’un pancréas normal, en libérant en continu de l’insuline sous la peau. A cela, le porteur de la pompe peut ajouter des doses supplémentaires d’insuline, appelées “bolus”, afin de corriger rapidement sa glycémie.

La pompe à insuline permet ainsi une perfusion en continu et modulable d’insuline. Elle reproduit mieux la sécrétion physiologique d’insuline que les multi-injections quotidiennes. 

Le principe du traitement par pompe à insuline repose ainsi sur la perfusion continue d’insuline qui est adaptée en fonction des mesures glycémiques et de différents paramètres tel que :

 

  • La prise alimentaire

 

  • La pratique d’une activité physique

 

  • La survenue d’un événement altérant la sensibilité à l’insuline (fièvre, stress, etc.).

 

L’objectif est de maintenir continuellement la glycémie proche de la normale. Ceci permet de limiter la survenance de complications micro et macroangiopathiques.

 

Cette insulinothérapie intensive comprend :

 

  • Une éducation initiale et continue du patient à l’administration d’insuline

 

  • l’autosurveillance glycémique

 

  • un suivi médical rapproché

 

Ces dernières années ont été marquées par le développement d’options complémentaires au logiciel des pompes à insuline apportant aux patients une aide au calcul des bolus ou leur permettant de choisir un profil particulier du bolus. A cela s’est ajouté la possibilité, pour certains modèles de pompes, de se connecter à un dispositif de mesure de la glycémie en continu, préfiguration d’un pancréas artificiel.

 

Historique 

Expérimentée dans les années 1970, d’abord sous forme de pousse-seringue perfusant l’insuline en intraveineux, puis de perfuseur miniaturisé utilisant la voie sous-cutanée, la pompe à insuline a été d’emblée positionnée pour mimer la sécrétion d’insuline du pancréas grâce à l’administration continue et modulable d’insuline.

 Le Dr Arnold Kadish et son premier  prototype de pompe à insuline.

Le Dr Arnold Kadish et son premier 
prototype de pompe à insuline.

Les premières pompes à insuline implantables ont été développées dans les années 1970 pour assurer un débit constant de perfusion intraveineuse d’insuline, principalement chez les diabétiques de type 2.

Les premiers modèles de pompe à insuline à débit variable sont apparus au début des années 1980. L’obstacle majeur à leur utilisation était alors la précipitation d’insuline amenant à des obstructions dans le réservoir et le cathéter. Ce n’est qu’avec la mise au point d’une solution d’insuline stabilisée par le polyéthylène-polypropylène glycol (Genapol) au milieu des années 1980 qu’un développement clinique de pompes implantables programmables a été vraiment possible.

Or, un frein à l’essor de la pompe à insuline est apparu suite aux incidents métaboliques aigus, parfois mortels de type acidocétosiques. Ces incidents étaient dus à la fiabilité limitée des pompes et des cathéters dont respectivement les pannes ou les obstructions occasionnant un faible dépôt d’insuline sous la peau.

Le retour en grâce de la pompe à insuline au cours des années 1990 est venu de trois grands facteurs :

 

  1. L’élaboration de pompes miniaturisées plus performantes et plus fiables grâce aux progrès de la microélectronique. Dans le même temps, les cathéters devenaient mieux tolérés et plus compatibles avec l’insuline. Enfin le développement de solutions d’insuline plus stables réduisait le risque d’arrêt de perfusion par précipitation d’insuline ou par réactions cutanées au site de perfusion.
  2. L’intérêt porté par certaines équipes médicales à cette méthode d’administration d’insuline.
  3. Des études scientifiques documentant objectivement l’efficacité supérieure du traitement par pompe par rapport aux multi-injections d’insuline.

Au vu des données cumulées et actuelles, la pompe à insuline administrant un analogue de l’insuline à action rapide apparaît comme la méthode de traitement du diabétique de type 1 la plus efficace.

 

Risques liés au traitement

Le risque principal du traitement par pompe à insuline est le défaut de perfusion d’insuline qui peut entraîner une acidocétose s’il n’est pas détecté et corrigé par le patient. Ce risque est inhérent à la méthode en raison du faible dépôt sous-cutané d’insuline au site de perfusion.

Une détérioration de l’absorption de l’insuline due à des altérations du tissu sous-cutané, par exemple en cas d’infection au site de perfusion peut également conduire à une hyperglycémie dangereuse.

 

Implications pratiques au quotidien

Quels sont les avantages de la pompe à insuline ? :

 

  1. Un meilleur contrôle de la variation des glycémies
  2. Un meilleur contrôle de l’hémoglobine glyquée (HbA1c)
  3. Une réduction du risque d’hypoglycémie sévère.
  4. Une meilleur flexibilité en terme de prises alimentaires
  5. Une meilleur flexibilité en termes de loisirs, de sports et d’activités professionnelles

 

Qui sont les candidats à la pompe à insuline ? :

 

  1. Plus particulièrement les diabétiques de types 1
  2. Les patients qui atteignent difficilement une HbA1c proche de 7% en raison d’hypoglycémies sévères ou modérées fréquentes sous multi-injections.

 

Dans quels cas doit-on éviter une pompe à insuline ?

Ce sont surtout les cas où une insulinothérapie intensive est difficile à réaliser, par exemple lors de :

 

  1. un désordre psychologique grave affectant la fiabilité de l’insulinothérapie et de la pratique de l’autosurveillance glycémique.
  2. troubles sévères du comportement alimentaire empêchant l’efficacité de toute insulinothérapie.
  3. une mauvaise acceptation du diabète incluant une faible motivation voir un rejet au traitement et au suivi.
  4. maladies ou de troubles empêchant une gestion normale de son diabète comme par exemple chez un patient souffrant également d’Alzheimer.
  5. une rétinopathie ischémique ou préproliférante non contrôlée où une baisse du niveau des glycémies augmente le risque de prolifération néovasculaire .

 

Et pour les patients diabétiques de type 2 ?

Le bénéfice de la pompe pour les diabétiques de types 2 manque encore de preuves scientifiques conséquentes. Cependant, des travaux récents ont montré une efficacité similaire à celle des multi-injections dans cette population avec aucune prise de poids supplémentaire et une meilleure qualité de vie.

 

Avenir du concept

Une amélioration du concept pourrait provenir d’un accès en continu aux valeurs glycémiques. En effet, un capteur de glycémie en continu pourrait fournir des données utiles aux pompes afin qu’elles adaptent des doses d’insuline en fonction des glycémies. Avec ce capteur de glycémies en continu, des alertes pourraient être émises en cas d’hypoglycémie afin d’arrêter la pompe et d’éviter ainsi des hypoglycémies sévères.

Un autre développement prometteur de la pompe à insuline est l’évolution vers des dispositifs de perfusion miniaturisés sans cathéter, une sorte de “patch-pompe”. La détection des glycémies étant directement liée à la sécrétion d’insuline, on parle également de pancréas artificiel.

 

Merci à l’Association Française du diabète (AFD) pour cette vidéo explicative sur la pompe à insuline :

 

 


Références :

1 ) Louis Monnier, “Diabétologie”, 2ème éd 2014.

2) C. Fermon-Marcolin, “Les pompes à insuline : retour vers le futur”, Métabolismes Hormones Diabètes et                  Nutrition (XI), n° 1, janvier-février 2007

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