Quels sont les différents types de diabète ?

Les différents types de diabète : type 1, type 2, diabète gestationnel, LADA, MODY
Quels sont les différents types de diabète ?
  Derrière le mot « diabète » se cachent en réalité plusieurs maladies bien distinctes. Toutes partagent une même caractéristique, l’hyperglycémie chronique, mais leurs causes, leur âge d’apparition et leur traitement diffèrent fortement selon le type de diabète concerné. Cet article fait le point sur les différents types de diabète : le type 1, le type 2, le diabète gestationnel, ainsi que les formes plus rares comme le LADA et le MODY. (Le diabète, qu’est-ce que c’est ?)

Combien de types de diabète existe-t-il ?

On distingue généralement 4 grands types de diabète :
  1. Le diabète de type 1, environ 10% des cas ;
  2. Le diabète de type 2, environ 90% des cas et de loin le plus fréquent (3) ;
  3. Le diabète gestationnel, qui apparaît pendant la grossesse ;
  4. Un ensemble de formes plus rares (LADA, MODY, diabètes secondaires à une autre maladie ou à un médicament).
Cette classification en 4 catégories est celle retenue par l’American Diabetes Association dans ses recommandations annuelles (2). Voici, en un coup d’œil, l’essentiel à retenir sur chaque type de diabète :
Type de diabèteMécanismeÂge / apparition typiqueFréquenceTraitement
Type 1Destruction auto-immune des cellules β, carence totale en insulineEnfance / jeune adulte (souvent < 30 ans), début brutal~10% des diabètesInsuline, dès le diagnostic et à vie
Type 2Résistance à l’insuline + défaut progressif de sécrétionGénéralement > 40 ans, début lent et souvent silencieux~90% des diabètesHygiène de vie, médicaments oraux, puis insuline en dernier recours
GestationnelHormones du placenta réduisant l’action de l’insuline chez la mère24e-28e semaine de grossesse10-15% des grossessesSuivi glycémique et alimentaire, parfois insuline ; disparaît en général après l’accouchement
LADA (type 1,5)Auto-immun à évolution lente, souvent confondu avec un type 2Âge adulte, généralement < 50 ans~10% des diabètes diagnostiqués « type 2 »Insuline, plus précocement qu’un vrai type 2
MODYMutation d’un seul gène (monogénique), transmission familialeAvant 25 ans, histoire familiale sur plusieurs générations< 5% de l’ensemble des diabètesVariable selon le gène en cause, parfois sans insuline
Les différents types de diabète en un coup d’œil

Le diabète de type 1

En plus d’une hyperglycémie chronique, ce type de diabète présente les caractéristiques suivantes :
  • La destruction des cellules β du pancréas, amenant une déficience complète en insuline. Cette destruction résulte le plus souvent d’une réaction auto-immune, c’est-à-dire d’une destruction des cellules β par notre propre système immunitaire, ou plus rarement d’une cause encore inconnue (diabète de type 1 dit « idiopathique »).
  • Il apparaît pendant l’enfance ou chez le jeune adulte (généralement avant 30 ans), et de façon abrupte.
  • Il concerne environ 10% des patients diabétiques.
  • Au moment du diagnostic, il est souvent associé à un taux anormalement élevé de corps cétoniques dans le sang.
  • Les patients sont généralement minces ou avec un poids dans la norme au moment du diagnostic.
  • Il ne peut être contrôlé que par l’injection d’insuline.

Le diabète de type 2

Il présente également une hyperglycémie chronique, ainsi que les caractéristiques suivantes :
  • Une résistance des cellules cibles (cellules musculaires, adipeuses et du foie) à l’action de l’insuline, accompagnée d’un défaut progressif de la sécrétion d’insuline par les cellules β. L’explication se trouve probablement au niveau des gènes et de l’environnement (régime alimentaire riche en sucres rapides et graisses saturées, sédentarité, âge, etc.).
  • Une survenue lente et généralement après l’âge de 40 ans. À noter qu’il y a une augmentation du nombre de cas de ce type de diabète chez l’enfant en situation d’obésité.
  • Il concerne environ 90% des patients diabétiques.
  • Il est plus fréquent dans la population africaine, asiatique, aborigène et hispanique.
  • Les patients sont généralement en surpoids au moment du diagnostic.
  • Il peut être contrôlé par une perte de poids, un traitement médicamenteux et, en dernier recours, par l’injection d’insuline.

Les différences entre le diabète de type 1 et de type 2

Le tableau plus haut résume l’essentiel, mais ces deux types de diabète se distinguent aussi visuellement dans leur évolution et leurs mécanismes, comme le montre le schéma ci-dessous. Pour un comparatif encore plus détaillé, consultez notre page dédiée : Les différences entre le diabète de type 1 et de type 2.
Comparatif des deux principaux types de diabète : type 1 et type 2. [1]
Les différences principales entre le diabète de type 1 et de type 2. [1]
 

Le diabète gestationnel

Le diabète gestationnel présente les caractéristiques suivantes :
  • Une hyperglycémie chronique qui apparaît le plus souvent entre la 24 et la 28ème semaine de grossesse (6ème mois).
  • Il concerne 10 à 15% des grossesses selon l’Association Suisse du Diabète (4) — une prévalence en nette hausse ces dernières années, notamment en raison de l’évolution des critères de dépistage et de l’âge moyen des grossesses (5).
  • Lors d’une grossesse normale, le placenta génère des hormones qui réduisent l’action de l’insuline sur les cellules cibles de la mère, afin que davantage de sucre soit disponible pour le fœtus. Normalement, les cellules β de la mère produisent alors plus d’insuline pour compenser. Lors d’un diabète gestationnel, les cellules β de la mère ne parviennent pas à sécréter suffisamment d’insuline pour compenser, ce qui entraîne une hyperglycémie chronique ou accentue un diabète de type 1 ou 2 préexistant.
  • Dans la plupart des cas, le diabète gestationnel disparaît après la naissance, mais entre 25 et 50% des mères concernées développent un diabète de type 2 dans les 5 à 10 ans qui suivent l’accouchement (4), d’où l’importance d’un contrôle de la glycémie environ 6 semaines après l’accouchement puis chaque année.
  • Les facteurs de risque sont :
    • Body Mass Index (BMI)* avant la grossesse > 25 kg/m2.
    • Âge > 35 ans.
    • Prise de poids excessive pendant la grossesse.
    • Avoir donné naissance à plusieurs enfants.
    • Avoir des parents diabétiques de type 2.
    • Avoir déjà eu un diabète gestationnel.
    • Avoir déjà eu un enfant pesant > 4kg à la naissance.
* Le BMI ou Indice de Masse Corporelle est une valeur qui permet d’estimer la corpulence d’une personne. Elle est définie par le poids (kg) / taille² (m²).   Pour en savoir plus sur le dépistage et le suivi de ce type de diabète, consultez notre article dédié : Le diabète gestationnel, qu’est-ce que c’est ?

Les formes particulières de diabète

Au-delà des 3 grands types de diabète vus ci-dessus, il existe d’autres formes plus rares, parfois confondues avec un type 1 ou un type 2 classique. Les deux plus documentées sont le LADA et le MODY.

Le diabète de type 1,5 ou LADA

Le diabète de type 1,5 ou LADA (Latent Autoimmune Diabetes of the Adult) concerne environ 10% de la population des diabétiques initialement diagnostiqués comme type 2. Autrement dit, sur 100 patients diagnostiqués diabétiques de type 2, une dizaine ont en fait un LADA. Le LADA peut présenter des caractéristiques cliniques communes au type 1 et au type 2, mais il est généralement apparenté au type 1 : on y retrouve des auto-anticorps détruisant les cellules β, avec toutefois une apparition à l’âge adulte et une évolution plus lente que le type 1 classique (6). Voici cinq caractéristiques cliniques de ce type de diabète. Si deux d’entre elles sont réunies, la probabilité de LADA avoisine 70% :
  • Âge au moment du diagnostic < 50 ans.
  • Apparition rapide, subite des symptômes.
  • BMI < 25 kg/m2.
  • Histoire personnelle de maladie auto-immune.
  • Histoire familiale de maladie auto-immune.

Le MODY (Maturity Onset Diabetes of the Young)

Le MODY regroupe des diabètes monogéniques, causés par la mutation d’un seul gène et transmis le plus souvent sur un mode autosomique dominant (un parent porteur a 50% de risque de transmettre la mutation à son enfant), amenant à une dysfonction de la sécrétion d’insuline par la cellule β. Ce type de diabète représente moins de 5% de l’ensemble des cas de diabète, mais jusqu’à 6% des diabètes diagnostiqués chez l’enfant ou le jeune adulte sans auto-anticorps anti-cellules β (7). On distingue aujourd’hui au moins 14 mutations génétiques différentes, dont 6 formes principales bien caractérisées (gènes HNF1A, GCK, HNF4A, HNF1B, PDX1 et NEUROD1 notamment), chacune avec sa propre évolution et sa propre réponse au traitement. Les caractéristiques cliniques évocatrices d’un MODY sont :
  • Histoire familiale de ce type de diabète, sur plusieurs générations.
  • Une apparition avant l’âge de 25 ans.
  • Un diabète non insulinodépendant, généralement durant les premières années suivant le diagnostic.
  • Une absence d’auto-anticorps dirigés contre les cellules β.
  • Une absence de signes de résistance à l’insuline.
Bon à savoir
D’autres causes, plus rares encore, peuvent amener à une hyperglycémie chronique, par exemple :
  • Des mutations génétiques des cellules β amenant à un trouble de la production ou de la sécrétion de l’insuline (diabètes néonataux notamment).
  • Des maladies touchant le pancréas telles qu’une pancréatite, une tumeur, une ablation, ou la mucoviscidose.
  • Des troubles endocrinologiques (hyperthyroïdie, hypercorticisme, etc.).
  • Les effets de certains médicaments qui affectent la régulation normale de la glycémie (corticoïdes, β2-stimulants, certains traitements du VIH, etc.).
  • Des infections.
  • Des syndromes génétiques tels que le syndrome de Down ou le syndrome de Turner.
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FAQ

1. Combien y a-t-il de types de diabète ? On distingue 4 grands types de diabète : le type 1, le type 2, le diabète gestationnel, et un ensemble de formes plus rares comme le LADA et le MODY.

2. Quelle est la principale différence entre le diabète de type 1 et de type 2 ? Le type 1 résulte d’une destruction auto-immune des cellules productrices d’insuline et nécessite l’insuline dès le diagnostic ; le type 2 résulte d’une résistance à l’insuline associée à un déficit progressif de sa sécrétion, et peut souvent être contrôlé par l’hygiène de vie avant d’en arriver à l’insuline.

3. Qu’est-ce que le diabète LADA ? Le LADA (diabète de type 1,5) est une forme de diabète auto-immun à évolution lente qui apparaît à l’âge adulte. Il est souvent diagnostiqué à tort comme un diabète de type 2, alors qu’il est généralement apparenté au type 1 et finit par nécessiter de l’insuline.

4. Qu’est-ce que le diabète MODY ? Le MODY est une forme de diabète génétique (monogénique), causée par la mutation d’un seul gène et souvent transmise sur plusieurs générations dans une même famille. Il apparaît généralement avant 25 ans, sans auto-anticorps ni signes de résistance à l’insuline.

5. Le diabète gestationnel disparaît-il après l’accouchement ? Dans la majorité des cas, oui. Mais entre 25 et 50% des femmes concernées développent un diabète de type 2 dans les 5 à 10 ans qui suivent, d’où l’importance d’un suivi de la glycémie après la grossesse.

6. Quel est le type de diabète le plus fréquent ? Le diabète de type 2, qui représente environ 90% de l’ensemble des diabètes, loin devant le type 1 (environ 10%).

7. Peut-on changer de type de diabète au cours de sa vie ? On ne « change » pas de type à proprement parler, mais un diabète gestationnel peut évoluer vers un type 2, et un LADA mal identifié comme type 2 finit souvent par se comporter comme un type 1 avec le temps.


 

Références :

  1. Gariani, Karim, et al. « Diabète de type 1 ou 2? ou autre? ». Rev Med Suisse 2009, vol. 206, no 22, p. 1248-1253. revmed.ch.
  2. American Diabetes Association, « Standards of Care in Diabetes—2025 », Diabetes Care 2025;48(Suppl. 1):S1–S321. DOI: 10.2337/dc25-SINT.
  3. International Diabetes Federation, « IDF Diabetes Atlas », 11e édition, 2025, diabetesatlas.org.
  4. Association Suisse du Diabète, « Diabète gestationnel », diabetesuisse.ch.
  5. Revue Médicale Suisse, « Diabète gestationnel précoce : de l’incertitude diagnostique à la prise en charge », 2025, revmed.ch.
  6. American Diabetes Association, « Recognizing and Appropriately Treating Latent Autoimmune Diabetes in Adults », Diabetes Spectrum 2016;29(4):249-252, diabetesjournals.org.
  7. National Library of Medicine (StatPearls), « Maturity Onset Diabetes in the Young », ncbi.nlm.nih.gov.
 

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