- La neuropathie diabétique est une complication du diabète touchant nos nerfs, causée par des lésions des microvaisseaux qui les irriguent.
- Elle peut affecter notre sensibilité tactile et notre motricité (neuropathie périphérique), ou encore notre système nerveux autonome (neuropathie autonome) — les deux formes pouvant coexister.
- C’est la complication symptomatique la plus fréquente du diabète : jusqu’à 50 % des personnes diabétiques de type 2 en sont atteintes après 10 ans d’évolution, et au moins 20 % des personnes diabétiques de type 1 après 20 ans.
- La forme la plus commune est la polyneuropathie distale et symétrique, touchant en priorité les pieds et les mains.
- Un bon contrôle de la glycémie reste le meilleur moyen de la prévenir et d’en ralentir la progression ; en cas de douleurs, des traitements spécifiques existent (et non de simples antalgiques classiques).
- Non détectée, elle expose à des complications sérieuses, en particulier au niveau des pieds.
- Un faible contrôle de nos glycémies
- Un IMC (Indice de Masse Corporelle) élevé. Plus l’IMC est élevé, plus le risque de neuropathie est élevé
- La durée de son diabète : plus elle est grande, plus les risques sont élevés (surtout si les glycémies sont mal gérées)
- Une susceptibilité génétique
- La consommation d’alcool
- Le tabagisme
- Un faible taux de HDL (La digestion des lipides, qu’est-ce que c’est ?)
- Des troubles cardiovasculaires
- Une hypertension artérielle
Quelle est la forme la plus fréquente de neuropathie diabétique ?
La forme la plus commune de neuropathie diabétique est la polyneuropathie distale et symétrique. C’est-à-dire une atteinte de plusieurs nerfs affectant nos mains et/ou nos pieds, généralement de façon symétrique et en débutant par les extrémités (orteils, puis pieds, et éventuellement mains par la suite).Quels sont les symptômes de la neuropathie diabétique périphérique ?
- Une hypersensibilité tactile
- Des troubles de la sensibilité tactile (fourmillements, engourdissements, etc.)
- Une perte de sensibilité progressive, souvent le signe le plus trompeur car indolore
- Des troubles moteurs (faiblesse musculaire, crampes) lorsque les nerfs moteurs sont également touchés
Qu’est-ce que la neuropathie diabétique autonome ?
La neuropathie diabétique autonome touche le système nerveux autonome, celui qui régule automatiquement le fonctionnement de nos organes (cœur, tube digestif, vessie, transpiration, etc.). Elle est également fréquente : selon l’ADA (1), son atteinte cardiovasculaire touche environ 30 % des personnes diabétiques de type 1 après 20 ans de maladie, et jusqu’à 60 % des personnes diabétiques de type 2 après 15 ans. Ses manifestations sont variées, selon les organes touchés :- Cardiovasculaires : accélération du rythme cardiaque au repos, hypotension orthostatique (chute de tension en position debout, vertiges).
- Digestives : gastroparésie (ralentissement de la vidange de l’estomac, nausées, sensation de satiété précoce), diarrhée ou constipation.
- Urinaires : vessie neurogène (difficulté à vider complètement la vessie, infections urinaires à répétition).
- Sexuelles : dysfonction érectile chez l’homme, troubles de la lubrification chez la femme.
- Sudorales : transpiration excessive du haut du corps ou, à l’inverse, absence de transpiration au niveau des pieds — ce qui favorise la sécheresse cutanée et les fissures.
Comment diagnostique-t-on la neuropathie diabétique ?
Le diagnostic repose avant tout sur un examen clinique des pieds, à réaliser au moins une fois par an. Le test de référence est le test au monofilament de 10 g, qui évalue la sensibilité de la plante du pied. Selon les symptômes, d’autres examens peuvent être proposés : test au diapason (sensibilité vibratoire), recherche des réflexes ostéotendineux, électromyogramme (EMG) en cas de doute diagnostique ou de forme atypique, ou encore tests cardiovasculaires autonomes (variabilité de la fréquence cardiaque, mesure de la tension debout/couché) en cas de suspicion de neuropathie autonome. Cet examen permet aussi de déterminer le grade de risque podologique (0 à 3), qui définit la fréquence du suivi recommandé, de l’examen annuel (grade 0) au suivi rapproché en centre spécialisé (grade 3) (2, 3) — le détail de cette classification est disponible dans notre article sur le pied diabétique.Quel est le traitement de la neuropathie diabétique ?
- Le contrôle glycémique (HbA1c) reste le pilier du traitement, recommandé en première intention par l’ADA (4) — voir aussi quels sont les traitements du diabète ?
- Le traitement de la douleur neuropathique : contrairement aux antalgiques classiques (comme le paracétamol), peu efficaces ici, l’ADA recommande en 1re intention la prégabaline, la duloxétine, ou la gabapentine (1).
- Une prise en charge non médicamenteuse : arrêt du tabac, réduction de la consommation d’alcool, activité physique adaptée.
- La prise en charge des atteintes autonomes, spécifique à l’organe touché : par exemple le fractionnement des repas en cas de gastroparésie, ou le port de bas de contention en cas d’hypotension orthostatique.
Comment prévenir la neuropathie diabétique ?
La grande majorité des cas — ou en tout cas leur aggravation — peuvent être ralentis grâce à quelques mesures simples et répétées :- Maintenir un bon contrôle de la glycémie (HbA1c) dans la durée — le facteur le plus déterminant.
- Ne pas fumer et limiter sa consommation d’alcool.
- Surveiller son cholestérol et sa tension artérielle, deux facteurs de risque associés.
- Maintenir un IMC dans les normes.
- Faire contrôler ses pieds au moins une fois par an, davantage en cas de perte de sensibilité déjà installée.
- Porter des chaussures et des chaussettes adaptées — des chaussettes intelligentes existent désormais pour repérer les zones à risque avant l’apparition d’une plaie (chaussettes intelligentes pour surveiller les pieds diabétiques).
- Plaie au pied qui ne cicatrise pas ou qui passe inaperçue en raison d’une perte de sensibilité.
- Douleur nouvelle, intense et inhabituelle.
- Vertiges ou malaises répétés en position debout (évoquant une hypotension orthostatique).
- Palpitations ou accélération inexpliquée du rythme cardiaque au repos.
- Troubles digestifs sévères et persistants (vomissements, incapacité à s’alimenter).
Ralentir la neuropathie commence aussi dans l’assiette
Le contrôle de la glycémie est, à ce jour, le seul levier qui a démontré un effet sur la progression de la neuropathie diabétique — et il se joue à chaque repas. C’est exactement ce que je vous partage dans mon guide gratuit :
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FAQ
1. Qu’est-ce que la neuropathie diabétique ? C’est une complication du diabète touchant les nerfs, causée par des lésions des microvaisseaux sanguins qui les irriguent, elles-mêmes provoquées par l’hyperglycémie chronique.
2. Quelle est la différence entre polyneuropathie et mononeuropathie ? La polyneuropathie touche plusieurs nerfs, souvent de façon symétrique (mains et/ou pieds) et progressive. La mononeuropathie touche un seul nerf ou un groupe de nerfs isolés, avec une apparition en général plus soudaine.
3. Qu’est-ce que la neuropathie diabétique autonome ? C’est une atteinte du système nerveux autonome, qui régule automatiquement nos organes : elle peut se traduire par des troubles cardiovasculaires, digestifs, urinaires, sexuels ou de la sudation.
4. Quels sont les premiers signes de la neuropathie diabétique ? Des picotements, des fourmillements, des engourdissements, ou au contraire une hypersensibilité douloureuse, débutant le plus souvent au niveau des orteils avant de remonter progressivement.
5. La neuropathie diabétique est-elle réversible ? Les lésions nerveuses déjà installées ne sont en général pas réversibles, mais un bon contrôle de la glycémie ralentit nettement sa progression et peut réduire l’intensité des symptômes.
6. Comment soulager la douleur de la neuropathie diabétique ? Par des traitements spécifiques (prégabaline, duloxétine ou gabapentine), plus efficaces ici que les antalgiques classiques, en complément d’un bon contrôle de la glycémie.
7. Quel est le lien entre neuropathie diabétique et pied diabétique ? La neuropathie est l’un des deux mécanismes principaux (avec l’artériopathie) à l’origine du pied diabétique : en réduisant la sensibilité, elle empêche de ressentir une blessure qui, non traitée, peut évoluer en ulcère.
8. Comment dépiste-t-on la neuropathie diabétique ? Par un examen clinique des pieds au moins une fois par an, incluant le test au monofilament, complété si besoin par d’autres examens (diapason, électromyogramme, tests cardiovasculaires autonomes).
Bibliographie
- Pop-Busui R, Boulton AJM, Feldman EL, Bril V, Freeman R, Malik RA, Sosenko JM, Ziegler D. « Diabetic Neuropathy: A Position Statement by the American Diabetes Association. » Diabetes Care. 2017;40(1):136-154. DOI: 10.2337/dc16-2042
- Schaper NC, van Netten JJ, Apelqvist J, et al. « Practical guidelines on the prevention and management of diabetes-related foot disease (IWGDF 2023 update). » Diabetes Metab Res Rev. 2023;40(3):e3657. DOI: 10.1002/dmrr.3657
- Haute Autorité de Santé. « Diabète & podologie – La prévention recommandée dès le grade 1. » Disponible sur : has-sante.fr
- American Diabetes Association. « 12. Retinopathy, Neuropathy, and Foot Care: Standards of Care in Diabetes—2026. » Diabetes Care. 2026;49(Suppl. 1):S261. DOI: 10.2337/dc26-S012
