Le diabète gestationnel, qu’est-ce que c’est ?

On parle de diabète gestationnel ou de diabète de la grossesse lorsque des taux de sucre sanguins élevés (hyperglycémies) sont constatés pour la première fois au cours d’une grossesse.

Cette forme de diabète se déclare chez environ 10 à 15% des femmes enceintes ; c’est l’une des complications les plus fréquentes de la grossesse.

Le diabète gestationnel disparaît immédiatement après l’accouchement chez pratiquement toutes les femmes, mais un diabète de type 2 se déclare plus tard chez 25 à 50 % d’entre elles.

 

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Le diabète gestationnel, qu’est-ce que c’est ?

 

POINTS CLES
  • On parle de diabète gestationnel ou de diabète de la grossesse lorsque des taux de sucre sanguins élevés (hyperglycémies) sont constatés pour la première fois au cours d’une grossesse.
  • La grossesse s’accompagne de modifications du métabolisme des glucides visant à assurer une nutrition adéquate à la fois à la mère et au foetus.
  • Durant les premières semaines de la grossesse, la sensibilité à l’insuline chez la mère est légèrement augmentée.
  • A partir du 2ème trimestre, une résistance modérée à l’insuline s’installe chez la mère, permettant d’augmenter la disponibilité des substrats énergétiques pour le foetus.
  • Si la fonction pancréatique de la mère est déficiente, la sécrétion d’insuline est insuffisante pour compenser la demande supplémentaire. Cette situation conduit ainsi au diabète gestationnel.
  • En cas de diabète gestationnel, la mère ne produit pas assez d’insuline pour contrôler le taux de sucre circulant dans son sang. L’excès de sucre de son sang va traverser le placenta et parvenir au foetus amenant à un poids et une croissance excessifs.
  • Le dépistage entre la 24 à la 28ème semaine permet de diagnostiquer ce type de diabète suffisamment tôt.
  • La plupart des femmes n’ont aucun des symptômes typiques d’un diabète (p. ex. fatigue, soif importante, besoins d’uriner fréquemment, etc.).
  • Dans 85% des cas, le diabète gestationnel se traite par une modification des habitudes alimentaires et une bonne hygiène de vie

La régulation de la glycémie chez la femme enceinte non diabétique

La grossesse s’accompagne de modifications du métabolisme des glucides visant à assurer une nutrition adéquate à la fois à la mère et au foetus en cours de croissance.

Afin d’assurer les besoins nutritionnels du foetus, la femme enceinte est soumise à des bouleversements métaboliques et hormonaux contribuant à favoriser :

  • la mise en réserve des substrats énergétiques (glycogènes, lipides) chez elle lors du 1er trimestre,
  • l’utilisation des substrats énergétiques (glucose, acides gras libres, acides aminés) par le foetus dès la deuxième partie de la grossesse.

 

Comment se réalise cette mise en réserve des substrats énergétiques chez la mère ?

Durant les premières semaines de la grossesse, la sensibilité à l’insuline chez la mère est légèrement augmentée. Ceci permet aux glucides de plus facilement entrer dans ses cellules et favoriser ainsi cette mise en réserve énergétique sous forme de glycogènes et de lipides.

 

Comment le foetus est favorisé pour l’utilisation des substrats énergétiques ?

À partir du 2ème trimestre, une résistance modérée à l’insuline s’installe chez la mère, permettant d’augmenter la disponibilité des substrats énergétiques pour le foetus, ce qui favorise sa croissance. Autrement dit, comme la mère est plus résistante à l’insuline, moins de glucides entrent dans ses cellules et sont donc plus disponibles pour le foetus.

Classiquement, cette résistance à l’insuline est attribuée au TNF-alpha, sécrété par le placenta vers la circulation maternelle.

 

Important

Cette insulinorésistance est donc un état physiologique nécessaire à une bonne croissance foetale. Si la fonction pancréatique de la mère est normale, une adaptation se fait par une sécrétion plus importante d’insuline permettant le maintien d’une glycémie normale chez elle.

Si la fonction pancréatique de la mère est déficiente, la sécrétion d’insuline est insuffisante pour compenser la demande supplémentaire. Cette situation conduit ainsi au diabète gestationnel.

 

Quels sont les risques pour l’enfant ?

Chez une femme enceinte présentant un diabète gestationnel, le glucose en excès est transmis au fœtus. Ce surplus de glucose sera stocké dans les organes de l’enfant, résultat : poids et croissance excessifs.

C’est pourquoi la complication la plus fréquente est la macrosomie : un poids à la naissance supérieur à 4kg et qui peut entraîner un accouchement difficile ou compliqué. D’autres complications pour l’enfant sont possibles comme :

  • une détresse respiratoire
  • une hypoglycémie néonatale
  • un risque de développer un diabète de type 2

 

Quels sont les risques pour la mère ?

Pour les mères, la complication la plus grave est la survenue d’une prééclampsie pouvant associer :

  • une prise de poids
  • des œdèmes
  • une hypertension artérielle
  • un accouchement par césarienne
  • un risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse
  • un accouchement prématuré
  • une toxémie gravidique (complications rénales)

 

Quels sont les symptômes du diabète gestationnel ?

La plupart des femmes n’ont aucun des symptômes typiques d’un diabète (p. ex. fatigue, soif importante, besoins d’uriner fréquemment, etc.).

Le diabète peut parfois se manifester par des signes non spécifiques, comme une tendance accrue aux infections urinaires, une élévation de la tension artérielle, une augmentation de la quantité de liquide amniotique ou la présence de sucre dans l’urine.

Le dépistage entre la 24 à la 28ème semaine permet de le diagnostiquer plus tôt sans attendre que ces signes amènent les soignants à le suspecter.

Quels sont les facteurs de risque du diabète gestationnel ?

Les facteurs de risque sont :

  • Body Masse Index (BMI)* avant la grossesse > 25 kg/m2
  • Age > 35 ans.
  • Prise de poids excessive pendant la grossesse.
  • Avoir donné naissance à plusieurs enfants.
  • Avoir des parents diabétiques de type 2.
  • Avoir déjà eu un diabète gestationnel.
  • Avoir déjà eu un enfant pesant > 4kg à la naissance.

* Le BMI ou Indice de Masse Corporelle est une valeur qui permet d’estimer la corpulence d’une personne. Elle est définie par le poids (kg) / taille² (m²).

 

Le dépistage du diabète gestationnel         

Le dépistage systématique du diabète pendant la grossesse fait partie des mesures de prévention recommandées pour le suivi de la grossesse.

Le dépistage comprend une première prise de sang, à jeun, entre la 24ème et la 28ème semaine de grossesse. Ceci afin de doser le taux de sucre dans le sang de la mère.

Si ce dosage révèle un taux de sucre élevé dans le sang (ou si plusieurs facteurs de risque sont présents), il convient d’effectuer un second test de détection du diabète gestationnel nommé «hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO)».

Bon à savoir

Ce test se déroule de la façon suivante :

  • Une première prise de sang est faite dès l’arrivée de la future mère.
  • Il faut ensuite boire une boisson sucrée qui contient 75g de glucose.
  • Une heure après avoir bu cette boisson sucrée, on mesure la glycémie chez la mère. 
  • Deux heures après avoir bu la boisson sucrée, on mesure à nouveau la glycémie de la mère.

Si une de ces mesures de la glycémie est au-dessus de la norme, le diagnostic de diabète gestationnel peut être posé.

 

Pourquoi dépister le diabète gestationnel ?

En cas de diabète gestationnel, le surplus de sucre sanguin de la mère va traverser le placenta et parvenir au foetus. Cela aura pour effets de stimuler la sécrétion d’insuline chez le foetus et donc de favoriser la prise de poids et sa croissance.

Dès lors, il faudra s’attendre à un bébé avec une taille et un poids importants pouvant compliquer l’accouchement.

C’est pourquoi le dépistage du diabète gestationnel permet de diminuer ce risque au moment de l’accouchement.

Quel est le traitement ?

Très souvent, le diabète gestationnel se traite par une modification des habitudes alimentaires et une bonne hygiène de vie (repos, sommeil et activité physique) qui seront souvent suffisants pour contrôler le diabète de grossesse. Il n’est pas rare non plus d’avoir recours aux médicaments, notamment à des injections d’insuline durant la grossesse.

Les clefs d’un traitement réussi s’appuient sur un dispositif qui comprend :

  • la motivation de la patiente,
  • son autosurveillance glycémique,
  • des mesures hygiéno-diététiques,
  • une équipe pluridisciplinaire de médecins qui suivent l’évolution de la patiente et de son diabète (médecin généraliste, gynécologue, nutritionniste, diabétologue…).

 

 


Références :

1 ) Louis Monnier, “Diabétologie”, 2ème éd 2014.

2) Buchanan TA, Xiang AH, Page KA. Gestational Diabetes Mellitus: Risks and Management during and after Pregnancy. Nature reviews Endocrinology. 2012;8(11):639-649. doi:10.1038/nrendo.2012.96.

3) Catalano PM. Trying to understand gestational diabetes. Diabetic medicine : a journal of the British Diabetic Association. 2014;31(3):273-281. doi:10.1111/dme.12381.

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