Les 7 étapes pour accepter d’être diabétique
Ce cheminement n’est pas propre au diabète : il s’inspire du modèle des étapes du deuil décrit par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross (1). Appliqué à l’annonce d’une maladie chronique, il aide à comprendre — et surtout à normaliser — ce que l’on traverse après un diagnostic. Ce n’est ni un parcours linéaire, ni une obligation : chacun avance à son rythme, certaines étapes se répètent, d’autres se vivent en quelques jours quand d’autres prennent des mois.- Choc et déni. Le refus initial, la difficulté à croire au diagnostic, parfois l’espoir qu’il s’agisse d’une erreur de mesure ou d’un problème passager.
- Douleur et culpabilité. La question « pourquoi moi ? », parfois un sentiment de responsabilité (alimentation, mode de vie, hérédité) — alors que le diabète, en particulier le type 1, n’est jamais causé par une faute personnelle.
- Colère. Une frustration contre la maladie, contre son propre corps, parfois contre l’entourage ou les soignants, face à l’injustice ressentie.
- Marchandage. La recherche de compromis ou de solutions miracles : « si je mange moins de sucre », « si je fais plus de sport, ça va disparaître ».
- Dépression et douleur. Le moment où la réalité et sa permanence s’installent vraiment ; une forme de deuil de la vie « d’avant », sans contraintes.
- Reconstruction. L’apprentissage concret commence : comprendre sa glycémie, ajuster son traitement, retrouver progressivement un sentiment de contrôle.
- Acceptation. Le diabète devient une composante de la vie parmi d’autres, sans en être le centre. On reprend le cours de sa vie, avec de nouvelles habitudes.
La gestion manuelle de sa glycémie
Une personne diabétique doit donc gérer manuellement sa glycémie. Ceci implique :- Savoir ce qu’est la glycémie et tout ce qui s’y rapporte. (La glycémie, qu’est-ce que c’est ?)
- Connaître les complications en lien avec le diabète. (Quelles sont les complications du diabète ?)
- Mesurer régulièrement sa glycémie, donc de se piquer fréquemment le bout des doigts.
- Connaître la quantité de sucre dans les aliments. (Les index glycémiques, qu’est-ce que c’est ?)
- S’administrer de l’insuline. (L’insuline, qu’est-ce que c’est ?)
- Manger à des heures régulières.
- Anticiper toutes activités ou contretemps qui pourraient influencer notre glycémie.
- Eviter au maximum l’apparition de symptômes de l’hypoglycémie voir même de les redouter.
- Une prise en charge médicale complexe (diabétologue, nutritionniste, ophtalmologue, etc).
- Etre plus conscient de la quantité de sucre dans les aliments courants.
- Prendre ou reprendre des habitudes alimentaires saines.
- Pratiquer plus volontiers une activité physique.
Le diabétique et son suivi médical
Le suivi médical du patient diabétique comprend :- Un suivi médical régulier.
- Un suivi médical par différents prestataires de soins.
- Poser des questions.
- Obtenir des informations, des conseils.
- Optimiser notre traitement.
- Discuter de problèmes et tracas quotidiens en lien avec le diabète.
| Prestataire de soins | Rôle | Fréquence de suivi indicative |
|---|---|---|
| Médecin traitant / diabétologue | Ajuste le traitement, fait le point sur l’équilibre glycémique | Tous les 3 à 6 mois selon l’équilibre |
| Ophtalmologue | Dépistage de la rétinopathie diabétique (fond d’œil) | Dès le diagnostic, puis tous les ans ou tous les 2 ans selon le risque |
| Podologue | Prévention et soins du pied diabétique | Tous les 1 à 12 mois selon le grade de risque podologique |
| Dentiste | Dépistage des maladies parodontales, plus fréquentes chez le diabétique | Bilan complet au diagnostic, puis selon l’état bucco-dentaire |
| Laboratoire | Suivi de la fonction rénale (créatinine, albuminurie) et de l’HbA1c | Bilan rénal une fois par an ; HbA1c tous les 3 à 6 mois |
Le patient diabétique et les différents prestataires de soins

Et selon vous, être diabétique, qu’est-ce que c’est ?
Vous savez maintenant ce qu’implique d’être diabétique au quotidien. Reste la question de tous les jours : l’assiette.
Comprendre le diagnostic, accepter les contraintes et apprendre à gérer sa glycémie, c’est la partie invisible. La partie concrète, celle qui revient à chaque repas, c’est ce que je vous partage dans mon guide gratuit :
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- Jour 1 : l’ordre des aliments qui change tout à un repas
- Jour 2 : l’assemblage optimal de vos assiettes
- Jour 3 : les remplacements intelligents pour garder le plaisir sans le pic
FAQ
1. Qu’est-ce qui change vraiment quand on devient diabétique ? On passe d’une régulation automatique de la glycémie à une gestion largement manuelle : mesures régulières, calcul des glucides, prise d’insuline ou de médicaments, anticipation des activités et suivi médical régulier auprès de plusieurs prestataires de soins.
2. Est-il normal de ressentir de la colère, de la tristesse ou du déni après le diagnostic ? Oui, c’est même très fréquent. Cela correspond à un cheminement en plusieurs étapes (choc, colère, marchandage, dépression, reconstruction, acceptation), comparable à celui vécu face à d’autres annonces bouleversantes.
3. Combien de temps faut-il pour accepter son diabète ? Il n’y a pas de durée fixe. Ce cheminement n’est pas linéaire : certaines étapes se vivent en quelques jours, d’autres prennent des mois, et il est possible d’y revenir ponctuellement même après une phase d’acceptation.
4. Le diabète est-il dû à une erreur de ma part (alimentation, mode de vie) ? Non. Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune, sans lien avec l’alimentation ou le mode de vie. Le diabète de type 2 résulte d’une combinaison de facteurs génétiques et de mode de vie, jamais d’une simple « faute » personnelle.
5. À qui puis-je parler si j’ai du mal à accepter mon diabète ? À votre médecin traitant ou diabétologue, à un psychologue formé à l’accompagnement des maladies chroniques, ou à des associations de patients comme la Fédération Française des Diabétiques ou l’Association Suisse du Diabète. Si ce mal-être persiste, il peut aussi s’agir d’une détresse liée au diabète, sur laquelle je reviens dans un article dédié.
6. Quels professionnels de santé dois-je consulter régulièrement en tant que diabétique ? Principalement votre diabétologue (tous les 3 à 6 mois), un ophtalmologue (dépistage annuel de la rétinopathie), un podologue (selon le risque au niveau des pieds), un dentiste et un laboratoire pour le bilan rénal et l’HbA1c.
7. La gestion de ma glycémie restera-t-elle toujours aussi « manuelle » ? Les nouvelles technologies (capteurs, pompes en boucle fermée, intelligence artificielle) allègent une partie des tâches répétitives, mais elles ne remplacent pas les décisions humaines : quoi manger, quand ajuster une dose, comment réagir à une activité imprévue.
8. Le diabète empêche-t-il de vivre normalement ? Non, pas en soi. Un diabétique sans complications ni autre problème de santé peut poursuivre ses activités, ses sorties et ses projets, sans douleur physique liée à la maladie elle-même — à condition de bien la gérer au quotidien.
Bibliographie
- Kübler-Ross E. On Death and Dying. Macmillan, 1969 (modèle des étapes du deuil, à l’origine de la grille de lecture des 7 étapes utilisée dans cet article).
- Fédération Française des Diabétiques. « Diabète de type 2 : que faire après le diagnostic ? Les réponses à vos questions ». Avril 2023. Disponible sur : federationdesdiabetiques.org
- Association Vaudoise du Diabète. « Annoncer un diagnostic ». Disponible sur : diabetevaud.ch
- Haute Autorité de Santé (HAS). « Parcours de soins du patient adulte vivant avec un diabète de type 2 ». Juillet 2025. Disponible sur : has-sante.fr
- American Diabetes Association. « 12. Retinopathy, Neuropathy, and Foot Care: Standards of Care in Diabetes—2026 ». Diabetes Care. 2026;49(Suppl. 1). DOI : 10.2337/dc26-S012
- Association Suisse du Diabète. « Vivre avec le diabète ». Disponible sur : diabetesuisse.ch
